Chers Amis,
Passons aux choses sérieuses, car chose promise, chose due !
Je me suis donc rendu cette année encore au salon EVER de Monaco, édition 2010.
Ce salon est un « mini » salon, mélange du SERI et de celui de l'Automobile, tous deux Porte de Versailles.
Mais, comme on y parle de motricité et d'environnement et que l'on y distribue des prix, il est, encore, très couru.
Je dis encore, car si les salons automobiles comme Paris, Frankfurt et Genève s'orientent à l'avenir vers plus d'écologie, celui de Monaco, de par sa taille, n'aura plus que peu d'intérêt. Et j'ai cru comprendre que dès cette année celui de Paris en prend l'orientation et que l'on présentera beaucoup de nouveautés, au moins hybrides.
Mais revenons à EVER 2010. Autre les conférences intéressantes, déjà par le fait d'entendre ce que les « grands » veulent bien laisser filtrer (souvent de quinze à vingt an en retards sur la réalité !), ce salon expose deux sortes de véhicules, les deux et les quatre roues électrique et hybrides, ...voire il y a quelques années encore à air comprimé (MDI SA). Plus, depuis l'année dernière (2009) des (deux) avions électriques de la société LSA (Luxembourg Special Aerotechnics).
Concernant les deux roues, on peut maintenant acheter, moyennant forte finances, des produits de qualité et qui ont des rayons d'autonomies acceptables. Mais toutefois, la tendance va au vélo assisté plutôt qu'au scooter. Là aussi l'hybride fait son chemin, grâce à l'électronique embarqué, on sait maintenant gérer, à la seule manette d'accélérateur, le démarrage électrique et le passage, sans à coup, à l'essence au delà d'une vitesse que l'on peut choisir d'avance (30 – 60 km/h).
De même, en cas de défaillance d'un de deux « combustible » l'autre reprend automatiquement le relai.
Côté vélo, un certain nombre de stands présentaient des vélos «parapluies» rétractables de très petites dimension, que l'on peut facilement prendre avec soit en bus, tram, métro train et avion. On déplie et hop c'est parti à 35 km/h, voire plus avec des roues plus encombrantes.
Côté voitures, tous les grands constructeurs étaient présents avec des véhicules hybrides.

Mais comme ces derniers affichaient des consommations mixtes de 4.6 litres à 5 litres pour les plus économes et plus pour la Mercedes 400 Hybride je ne m'étendrai pas plus sur le sujet car :
- cela n'intègre pas encore la consommation d'électricité !
- Un bon diesel bien réglé tombe sous ces consommations, avec le carburant seul !

Non, l'intérêt était la MITSUBISHI i-MiEV, décliné aussi par le groupe PSA.
Bon, nous avons enfin un véhicule électrique qui se vend, du moins au Japon, depuis 2009. L'autonomie maximale est annoncé de 110 km et pourquoi pas ! Le prix, connu pour l'Angleterre, est de 39.000 £ soit 45.000 €. Donc, là aussi, nous nous retrouvons en terrain connu pour un véhicule qui en thermique se vendrait autour de 10.000 €.
J'ai donc pu engager une conversation « collégiale » avec le Directeur Général (relation publique) Europe de cette Société. Et là à ma grande surprise pas de langue de bois, mais des données honnêtes !
Son problème ce n'est pas de vendre ce véhicule, de tromper les acheteurs sur le prix ou les performance, mais de « gérer » la pénurie !
Pénurie ? Oui, l'usine, propriété du groupe, qui fabrique les batteries (LEV 50) n'est pas capable de fournir plus de
8.000 (HUIT MILLE) packs pour 2011 et pas plus de 16.000 pour 2012 et enfin pas plus de 30.000 pour 2013.

Et cela pour toutes les i-MiEV produites quelle que soit la marque sur le capot (Mitsubishi, Peugeot, Citroën, etc ..) !
Or, tous ces constructeurs vont , au salon de l'automobile de Paris en octobre prochain, « lancer » la vente de ce modèle et annoncer leurs prix ! Effectivement, ce Monsieur n'aura pas de problème de prix de vente !

Nous arrivons ici un un point important : la capacité de l'industrie de fabriquer des packs de batteries pour véhicules électriques. Or, chez Mitsubishi c'est intégré au groupe ! Est-ce qu'il y a donc une vrai volonté de développer cette filière ? Et si non, pourquoi ? Problèmes techniques intrinsèques liés aux batteries de nouvelle génération ? Ou volonté de l'industrie automobile de rester fidèle au pétrole, comme dans les cas précédents de la pile à combustible et autres développements de l'hydrogène ?
Dernier point de cette visite, celui mis en avant par notre « censeur » (oh, pardon, modérateur !)... mais néanmoins ami MeisterD. Il s'agit de l'avion
électrique présenté par la société LSA (Luxembourg Special Aerotechnics).
Cette société avait présenté l'année dernière au même salon son MC-15 E « Cri-Cri », petit (vraiment petit) bimoteur électrique avec des moteurs « Plattenberg » (connus des maquettistes) de 2 X 15 KW avec 4 packs COCAM Lithium polymère de 6 KW/H chacun. Pour ceux que cela intéresse se reporter à :
http://forum.pegase.tv/viewtopic.php?t=4978&start=0
Cet avion a vraisemblablement servi de démonstrateur pour cette technologie.
Aujourd'hui LSA présentait le MC-30 E « Luciole » du même constructeur Colomban. Cet avion est monomoteur (deux fois moins d'ennuis ! Deux fois moins de consommation !) avec un moteur allemand GEIGER HPD-10 de 17 KW ! Ce qui est surprenant (presque surréaliste !) c'est sa masse à vide 64 kg avec moteur, avec un poids au décollage optimal de 200 kg ! Donc, il reste 135 kg pour les batteries et le pilote. En version "piles" (350W/kg au lieu des 160W/kg – réel - des COCAM), cela permet à un « jockey », euh, pardon pilote, de près de 60 kg de belles performances ! D'ailleurs, la société souhaite s'approprier tous les records de l'aviation électrique ! Catégorie ULM obligatoire car la FAI n'a jamais pu imaginer des avions électriques autres que ULM ... Il y a là une similitude dans la discrimination avec l'air-comprimé comme combustible homologué ! Enfin LSA annonce la traversé de la Méditerranée (Fréjus-Bizerte ? 750 km !) ou de la Mer des Caraïbes (Cancun-Floride, 650 km).

Les applications de ce genre d'aéronef seront certainement les petits aéroclubs et les écoles de pilotage, car l'avantage est très certainement le prix (avec batteries pour 1 h 30 de vol et en petites séries) de l'ordre de 50.000 € ce qui ramènerait l'heure de vol à moins de 100 € ...
Enfin, LSA a aussi présenté son projet « Étincelle », un drone futuriste habité avec lequel ils souhaitent franchir l'Atlantique dans le même sens que M Charles Lindberg à l'époque, mais en 100 % électrique. Pour ceux que cela intéresse:
http://www.youtube.com/watch?v=EKg07CcJbIY
http://forum.pegase.tv/viewtopic.php?t=4978&postdays=0&postorder=asc&start=330
http://forum.pegase.tv/viewtopic.php?t=4978&postdays=0&postorder=asc&start=285
L'avenir de ce genre d'engins sera certainement le drone électrique non habité avec de bonnes performances (poids du pilote remplacé par des batteries = autonomie de près de 10 à 15 h !), pour la surveillance des mers, par exemple, à très très bas coût si l'on compare cela avec une heure de vol d'un Hercules, Atlantique, Orion, etc , ..
Comme quoi, la batterie peut avoir un avenir, il suffit de trouver les créneaux !
Très cordialement,
Martin Marschner

